Friche Urbaine Naturelle Marseille © Service Espaces Naturels – Ville de Marseille
Depuis 2010, le concours Capitale française de la Biodiversité identifie, valorise et diffuse les meilleures actions réalisées par des communes et intercommunalités françaises en faveur de la biodiversité. Cette année c’est le thème de la « restauration de la nature » qui est à l’honneur, avec une centaine d’actions exemplaires publiées, qu’il s’agisse de rivières, marais et zones humides, de milieux agricoles, urbains ou encore du littoral. Ces témoignages issus de 70 collectivités participantes constituent une puissante inspiration et un encouragement à agir.
Parmi elles, six collectivités ont été distinguées pour l’excellence de leur action autour de ce thème : Marseille (Provence-Alpes-Côte d’Azur), élue « Capitale française de la Biodiversité 2026 », ainsi que La Rochelle et Saintes (Charente-Maritime), la Communauté de communes Chinon, Vienne et Loire (Centre-Val de Loire), Loire Forez Agglo et Valence Romans Agglo (Auvergne-Rhône-Alpes). Le Comité français de l’UICN, partenaire de longue date de ce concours national, salue l’engagement exemplaire de ces territoires en faveur de la biodiversité.
Marseille (877 215 habitants, Bouches du Rhône, Provence-Alpes-Côte d’Azur) a été élue Capitale française de la Biodiversité 2026 sur le thème de la restauration de la nature. La ville mène en effet une politique de restauration de la nature diversifiée, à la mesure de la richesse et de la fragilité de son territoire méditerranéen, qui associe milieux urbains fortement artificialisés, massifs forestiers, zones humides, cavités souterraines, littoral, îles et écosystèmes marins. Cette politique s’inscrit dans sa stratégie locale pour la biodiversité, élaborée en collaboration avec le Comité français de l’UICN, et repose sur un réseau de partenaires solide :
Parc national des Calanques, Parc marin de la Côte bleue, Office national des forêts, Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse, groupement d’intérêt scientifique (GIS) Posidonie, Conservatoire du littoral, établissement public d’aménagement et de gestion de l’eau Huveaune Côtiers Aygalades (EPAGE HuCA), associations naturalistes et établissements scientifiques d’enseignement et de recherche entre autres. Elle mobilise une large palette de leviers, depuis la maîtrise foncière et la réduction des pressions humaines sur la nature jusqu’aux travaux de restauration active fondés sur le génie écologique.
La Rochelle (79 961 habitants, Charente-Maritime, Nouvelle Aquitaine) : la ville de La Rochelle a réalisé une restauration d’ampleur du marais de Tasdon et de la rivière Moulinette qui le traverse. Cet ancien marais salicole de 80 hectares, fortement transformé par les usages et l’urbanisation, a fait l’objet d’un projet visant non seulement à recréer des habitats, mais surtout à restaurer le fonctionnement hydrologique de l’ensemble du site.
Saintes (25 312 habitants, Charente-Maritime, Nouvelle-Aquitaine) : située au cœur de la vallée de la Charente, Saintes bénéficie d’un patrimoine naturel remarquable, structuré notamment par le fleuve et ses prairies alluviales, mais aussi ses vallées sèches et coteaux. Déjà récompensée en 2022 par le titre de « Meilleure commune pour la Biodiversité » sur le thème « Paysage & biodiversité », la ville est à nouveau saluée cette année pour sa politique volontariste de restauration et de préservation des milieux naturels, fondée à la fois sur la maîtrise foncière, la restauration écologique, l’évolution des pratiques de gestion et la mobilisation des habitants.
Cette dynamique s’inscrit désormais dans une stratégie locale de biodiversité 2026-2032 structurée autour de six axes, qui entend passer d’une logique de « nature en ville » à celle d’une véritable « ville-nature », en articulant biodiversité, paysage et usages.
Trois « Meilleures intercommunalités pour la Biodiversité 2026 »
La Communauté de communes Chinon, Vienne et Loire (23 465 habitants, Indre-et-Loire, Centre-Val de Loire) : la communauté de communes Chinon, Vienne et Loire a restauré le marais de Taligny, une zone humide de 85 hectares classée espace naturel sensible (ENS) au titre de la politique du Conseil départemental d’Indre-et-Loire et qui inclut une réserve naturelle régionale de 35 hectares, cogérée par la collectivité et le parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine. Cette zone humide qui avait été drainée et plantée de peupliers dans les années 70 est aujourd’hui devenue une grande roselière reconnectée à son réseau hydrographique grâce à d’importants travaux de restauration des cours d’eau qui la bordent ou la traversent.
Conçue comme un facteur d’attractivité touristique verte complémentaire aux châteaux de la Loire, elle est largement ouverte au public grâce à un parcours pédestre de 4,5 km inauguré en octobre 2025.
Loire Forez Agglo (112 000 habitants, Loire, Auvergne-Rhône-Alpes) : Loire Forez Agglomération s’est dotée d’une stratégie en matière de biodiversité structurée depuis 2020 au travers du dispositif de reconnaissance Territoire engagé pour la nature porté par l’Office français de la biodiversité et animé en région par les conservatoires d’espaces naturels d’Auvergne et de Rhône-Alpes. L’agglomération décline cette stratégie sur l’ensemble des milieux écologiques de son territoire. Loire Forez bénéficie d’un patrimoine naturel exceptionnel façonné par l’omniprésence de l’eau, des cours d’eau jusqu’aux zones humides. La collectivité est animatrice de deux sites Natura 2000 : les parties sommitales du Forez et Hautes-Chaumes, et le site Lignon, Vizézy, Anzon et leurs affluents, qui abritent des milieux remarquables tels que des tourbières, des landes d’altitude et des rivières indispensables à des espèces protégées comme la loutre, le castor ou l’écrevisse à pattes blanches.
Valence Romans Agglo (225 000 habitants, Drôme, Auvergne-Rhône-Alpes) : après la réalisation d’un inventaire des zones humides et d’un atlas de la biodiversité communale sur une partie des communes de son territoire, Valence Romans Agglo a adopté en 2024 un ambitieux plan de gestion stratégique de ses zones humides qui comprend un objectif de 21 sites prioritaires à restaurer dans les 15 prochaines années. Ce travail de restauration de cours d’eau, marais, mares et prairies humides est mis en œuvre via un large spectre de moyens d’actions et un réseau de partenaires solide (Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse, département de la Drôme, Ligue pour la protection des oiseaux, conservatoire d’espaces naturels (CEN) de Rhône-Alpes, Office national des forêts, Association Rivières Rhône-Alpes-Auvergne, associations Réensauvager la Ferme et Fermes paysannes et sauvages…)
Une édition 2027 sur le thème ” Biodiversité & Société”.
L’édition 2027 du concours Capitale française de la Biodiversité est d’ores et déjà ouverte : communes et intercommunalités françaises sont invitées à candidater jusqu’au 28 février 2027 afin de faire connaître et valoriser leurs réussites autour du thème « Biodiversité & société ».
En savoir plus sur l’édition 2027 du concours
Le concours Capitale française de la Biodiversité est organisé par le ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature et le ministère de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, l’Office français de la biodiversité, le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema), Plante & Cité, centre technique national sur les espaces verts et la nature en ville, et les Agences régionales et collectifs régionaux pour la Biodiversité coordonnées par l’Agence régionale de la Biodiversité en Île-de-France. Enfin, il s’appuie sur de nombreux autres partenaires, réunis au sein de son Comité scientifique et technique en charge de l’évaluation des candidatures. Voir les partenaires
Marseille est la 15e Capitale française de la Biodiversité. Elle succède à Muttersholtz (2017 et 2025), la communauté de communes Bruyères Vallons des Vosges (2024), la Métropole Rouen Normandie (2023), la communauté de communes de la Vallée de la Bruche (2022), La Roche-sur-Yon (2021), la Métropole de Lyon (2019), Besançon (2018), Rennes (2016), Strasbourg (2014), Niort (2013), Lille (2012), Montpellier (2011) et Grande-Synthe (2010).