La 14e édition des Assises nationales pour la biodiversité se tiendra à la Rochelle du 18 au 20 septembre

Le Comité français de l’UICN a le plaisir de vous annoncer sa participation à la 14e édition des Assises Nationales de la Biodiversité !

Cet évènement se tiendra les 18, 19 et 20 septembre 2024 à l’Espace Encan à la Rochelle.

Le thème de cette année, « La nature, clef de voûte de l’humanité », se divisera en trois axes (La nature résiliente ; La protection de la nature ; Les actions de restauration et renaturation) qui permettront de mettre en lumière une large palette d’actions et de politiques publiques locales.

Au programme cette année : 28 ateliers, 2 conférences et 4 visites de sites qui rassembleront de nombreux experts publics et privés dans une logique de partage des connaissances et  de retours d’expériences sur des programmes et actions exemplaires.

Pour accéder au programme et vous inscrire, rendez-vous sur le lien suivant : https://www.idealco.fr/evenements/14emes-assises-nationales-de-la-biodiversite-707

Les Assises sont organisées par Les Eco Maires et IdealCo, en partenariat avec le Département de la Charente-Maritime, la Région Nouvelle-Aquitaine, la Mairie de La Rochelle et la La Rochelle Agglo.

Le Comité français de l’UICN sera co-organisateur de plusieurs ateliers :

18 septembre de 14h30 à 16h
De la connaissance à l’action, la déclinaison de la cartographie du gradient de naturalité potentielle dans les politiques publiques locales

 

18 septembre de 16h30 à 18h
Organiser une gouvernance de la biodiversité en Nouvelle-Aquitaine : 
l’exemple de la Stratégie Régionale pour la Biodiversité (SRB) Nouvelle-Aquitaine

19 septembre de 10h30 à 12h
Anticiper la résilience et les évolutions d’espace naturel grâce aux SfN

La COP Jeunesse du Département des Bouches-du-Rhône : une initiative innovante favorisant l’engagement de la jeunesse pour préserver la biodiversité

Le Comité français de l’UICN publie une nouvelle fiche d’initiative innovante pour la biodiversité menée par une collectivité française : l’organisation d’une « COP Jeunesse » par le Département des Bouches-du-Rhône qui a permis de développer l’engagement des jeunes du territoire pour préserver la biodiversité.

Cette publication s’inscrit dans le cadre du travail mené par le Comité français de l’UICN, et son groupe de travail « Collectivités & Biodiversité », pour proposer aux territoires une « boite à idées » pour favoriser la poursuite et le renforcement de leur implication en faveur de la biodiversité. Cela avait abouti en 2018 à la publication de l’étude « Collectivités & biodiversité : vers des initiatives innovantes » qui identifie les 15 principaux leviers d’action dont disposent les collectivités pour agir en faveur de la biodiversité, illustrés par des exemples d’initiatives exemplaires, reproductibles et innovantes menées par des collectivités françaises.

Afin de poursuivre le recueil et la valorisation de ces initiatives innovantes et inspirantes, le Comité français de l’UICN publie une nouvelle fiche (n°19) qui présente un exemple d’action de formation et de sensibilisation des jeunes aux enjeux de biodiversité : la COP Jeunesse portée par le Département des Bouches-du-Rhône.

Lancée en janvier 2020, la « COP Jeunesse » a été menée par le Pôle Projets du Service de la Jeunesse et la Direction de l’Environnement du Département des Bouches-du-Rhône, en partenariat avec l’Académie d’Aix-Marseille, la Région Sud Paca, l’association Les Petits débrouillards et Henri Landes, expert en négociation. Elle avait pour objectif de :

  • sensibiliser les jeunes du département aux enjeux des négociations internationales, et notamment à la nécessité de prendre des décisions communes en tenant compte des intérêts de chacun ;
  • et leur permettre de s’exprimer à travers des propositions pour préserver la biodiversité de leur territoire.
Congrès mondial de la nature de l'UICN, 2021 © CD13

L’initiative s’inscrit dans le cadre de l’accueil à Marseille, en septembre 2021, du Congrès mondial de la nature de l’UICN. Cet évènement, organisé tous les 4 ans, permet de mobiliser les acteurs de la protection de la biodiversité du monde entier, avec pour cette édition, une attention particulière portée sur l’engagement croissant de la jeunesse.

Sous un format dématérialisé en raison du contexte sanitaire, 200 jeunes se sont mobilisés dans le cadre de différents groupes de travail sur les enjeux de biodiversité, de santé, d’environnement et de développement durable du territoire. Inspiré des réunions internationales de l’ONU, ce travail collaboratif s’est conclu sur des propositions d’actions concrètes pour préserver la biodiversité des Bouches-du-Rhône à travers 16 motions rassemblées dans les « Accords de Provence ». Ce texte, signé par le Département, engage la collectivité à prendre en compte les recommandations émises par les participants à la COP Jeunesse.

Ainsi, cette nouvelle fiche propose une description du projet avec un focus sur ses principaux résultats, son caractère innovant, ainsi que les principaux freins et leviers de la démarche. Elle permet donc une prise de connaissance du projet et des pistes afin de reproduire l’action sur d’autres territoires.  

> Lien vers la fiche exemple n°19 « La COP Jeunesse : l’engagement de la jeunesse des Bouches-du-Rhône pour préserver la biodiversité »

Le Comité français de l’UICN, présent aux Rencontres Biodiversité & Territoires à Montpellier les 12 & 13 Décembre

Le Comité français de l’UICN s’engage en faveur de la biodiversité et de la transition écologique aux côtés de l’Office français de la biodiversité ! 

Pour assurer à la biodiversité sa juste place et travailler ensemble sur nos manières de vivre, l’Office français de la biodiversité et ses partenaires proposent un nouveau rendez-vous dédié aux élus locaux, aux agents des collectivités et à l’ensemble des acteurs des territoires : 

Les Rencontres Biodiversité & Territoires   –  Les mardi 12 et mercredi 13 décembre 2023 

 Montpellier (à l’ARENA Sud de France) 

Au programme: 37 ateliers et des parcours thématiques clés en main pour mieux intégrer la biodiversité dans les politiques locales d’aménagement du territoire, d’alimentation, de tourisme, de loisirs, d’éducation, développer des initiatives en matière de nature en ville et d’adaptation au changement climatique, ou encore monter en compétences. 

Ces deux journées seront rythmées par des tables rondes, théâtre forum, conférences, super quiz, fresques ou encore ateliers prospectifs. L’occasion de partager des points de vue, d’écouter des témoignages, d’identifier des solutions concrètes et, en prime, d’échanger avec des experts de la biodiversité pour des conseils personnalisés.  

Le Comité français de l’UICN sera co-organisateur de plusieurs ateliers :

12 décembre à 14h30
B01 Des outils pour concilier énergie renouvelable et biodiversité

Avec Noé, la Caisse des dépôts et consignations (CDC) Biodiversité, France Nature Environnement (FNE), le Comité français de l’UICN,  l’Office français de la biodiversité (OFB)

À partir d’une saynète réalisée par la Belle Boîte, retours d’expériences, outils et pistes de solutions visant à concilier le déploiement territorial des énergies renouvelables et la préservation de la biodiversité.

12 décembre à 14h30
B03 Des outils pour les stratégies régionales de biodiversité

Avec le Collectif régional biodiversité – Région Pays de la Loire, l’Office français de la biodiversité (OFB), l’
Association Biodiversanté, le Comité français de l’UICN, France Région Grand Est (LIFE Biodiv’Est)

Atelier dédié aux stratégies régionales pour la biodiversité. Échanges sur la façon de réussir à véritablement intégrer les politiques sectorielles (agriculture, économie, aménagement, santé).

12 décembre à 14h30
B05 Jouer pour sensibiliser à une agroforesterie durable : Jéjé forêt à Mayotte 

Comité français de l’UICN

Présentation d’un jeu qui a pour vocation de rassembler des agriculteurs d’un même bassin versant sur les enjeux et les pratiques d’agriculture durables. Chaque décision d’un joueur entraîne des conséquences pour les autres. Mise en scène avec des joueurs et le public puis échanges sur l’impact du jeu sur les pratiques agricoles.

13 décembre à 11h
E02 Espèces exotiques envahissantes : prévenir plutôt que guérir

Avec le Centre de ressources espèces exotiques envahissantes (CDREEE), le Conservatoire d’espaces naturels (CEN) Occitanie, l’Office français de la biodiversité (OFB)

Présentation de solutions préventives pour limiter le développement des espèces exotiques envahissantes (EEE), notamment via la modification des pratiques des collectivités locales dans la gestion de leurs espaces verts et par la mise en place de politiques publiques efficaces.

La Métropole Rouen Normandie est élue « Capitale française de la Biodiversité 2023 »

Métropole Rouen Normandie / trame bocagère © A. Aubry, Métropole Rouen Normandie

La métropole normande devient la douzième « Capitale française de la Biodiversité », sur le thème “Arbres & Forêts”. A ses côtés, du village jusqu’à la métropole, 5 autres communes et intercommunalités françaises sont récompensées pour leur action en faveur de la biodiversité au travers de l’arbre urbain, du bocage et bien entendu des bois et des forêts. Le Comité français de l’UICN, associé depuis de nombreuses années à ce concours national qui distingue les collectivités locales s’engageant de manière remarquable dans la préservation de la biodiversité, salue les démarches réalisées par ces territoires.

La Métropole Rouen Normandie (494 299 hab., Seine-Maritime) déploie depuis près de 20 ans une palette d’actions d’envergure pour protéger et restaurer le patrimoine forestier, bocager et arboré de son territoire. Sa stratégie de conservation des espaces naturels par acquisition foncière lui a permis de porter à 200 ha la surface de forêt dont elle est propriétaire, complémentaire aux forêts domaniales et de collectivités (60% de forêt publique). Elle anime une Charte forestière de territoire depuis 2002, renouvelée pour la 4e fois en 2021, qui fédère les acteurs de la forêt pour améliorer la connaissance naturaliste comme les pratiques sylvicoles en faveur de la biodiversité et pour faire connaître au public le milieu forestier, sa richesse et son rôle écologique. Un travail d’éducation à la nature qui s’appuie sur les trois Maisons des Forêts de la métropole mais aussi sur des événements comme le « Bivouac sous la lune » ou le festival d’art contemporain « Forêt monumentale » organisé avec l’Office national des Forêts.

L’arbre est aussi un élément essentiel du bocage normand menacé comme partout en France par le déclin des haies en milieu rural. Aux côtés des exploitants agricoles et en partenariat notable avec le Parc naturel régional des Boucles de la Seine normande, la métropole a permis la plantation de 8,5 km de haies d’essences locales au cours des 5 dernières années, accompagnée d’un guide d’entretien et de gestion durable. Ce « programme Haies » comprend une protection réglementaire dans les documents d’urbanisme, la restauration des continuités écologiques et des milieux naturels associés au bocage comme les mares, marais et réseaux d’arbres têtards.

En ville aussi, la place de l’arbre est renforcée, avec un objectif métropolitain de 30% d’indice de canopée dans les espaces publics, ce qui nécessite de nouvelles plantations mais aussi la protection des arbres existants, qu’il s’agisse de sujets remarquables ou ordinaires, mais aussi de leurs conditions de vie et de survie : les nouveaux projets d’aménagement urbain intègrent ainsi la désimperméabilisation afin de stocker l’eau sur place dans les sols. 

Pour en savoir plus : Consulter le rapport de visite de terrain

Cinq autres collectivités récompensées

Vals-des-Tilles (181 hab., Haute-Marne) reçoit le titre de meilleure commune pour la Biodiversité 2023 (catégorie – de 2 000 habitants). Vals-des-Tilles est un village très rural, moteur dans la préservation de la biodiversité et dans la création du parc national de forêts. Une réserve nationale y a été créée en 1993 et une réserve naturelle régionale en 2015. Lors de la création du parc national, la commune a demandé l’intégration d’un nouveau massif de sa forêt communale dans la zone cœur de parc, sans compensation. Grâce à son implication dans un réseau d’acteurs comprenant le parc national, l’Office national des forêts, le conservatoire d’espaces naturels de Champagne-Ardenne et le syndicat intercommunal de gestion forestière de la région d’Auberive, cette tout petite collectivité présente un bilan inspirant.

Vals-des-Tilles / Vue aérienne de Chalmessin © Pascal Bourguignon

Ses forêts accueillent les travaux de la Forêt Irrégulière Ecole, centre de ressources associant recherche et formation sur la sylviculture mélangée à couvert continu, une méthode de gestion forestière qui favorise la diversité des essences, présente une grande résilience face aux aléas, prend en compte les espèces remarquables et bénéficie d’un suivi naturaliste et sylvicole permanent, en plus d’une trame de vieux bois et d’îlots de sénescence et de vieillissement.

Sentiers pédagogiques, animations et balades contribuent à faire connaître et aimer la richesse du patrimoine naturel local, qui fait l’objet d’un atlas de la biodiversité communale en cours.

Pour en savoir plus : Consulter le rapport de visite de terrain

La Motte-Servolex (11 731 hab., Savoie) reçoit le titre de meilleure commune pour la Biodiversité 2023 (catégorie – de 20 000 habitants).

Située au pied du massif de l’Epine, la commune de La Motte-Servolex agit depuis plus de 15 ans pour préserver la biodiversité, notamment dans sa forêt communale de 530 ha où elle a développé avec son gestionnaire, l’Office national des forêts (ONF), un réseau d’îlots de sénescence remarquable de près de 24 ha qui bénéficie d’un suivi scientifique exceptionnel : en plus des suivis forestiers et naturalistes, ce terrain constitue un objet d’études et de recherche pour l’institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE).

La Motte-Servolex / Îlots de senescence © Laura Floch

Dans les parties exploitées de la forêt, la commune anime avec l’ONF et des partenaires privés un programme participatif de replantation de zones notamment soumises à des coupes sanitaires, avec des jeunes plants d’essences variées. Il s’agit en effet de participer à l’adaptation rapide de cette forêt mixte de moyenne montagne qui est fortement affectée par le changement climatique, avec des mortalités rapides et massives de certaines essences de résineux, fragilisées par le réchauffement, la modification de la pluviométrie et la prolifération de ravageurs comme les scolytes. Un millier de plants sont plantés chaque année par des familles volontaires.

La commune met actuellement à jour son Atlas de la biodiversité communale (ABC) après un premier inventaire réalisé en 2017. Forte de cette connaissance fine de la faune et de la flore locale, elle a planté avec ses habitants et associations plus de 6 km de haies vives d’essences locales et fruitières en ville depuis 2014, contribuant à transformer le paysage urbain et à améliorer la connexion écologique entre les espaces verts et la nature alentours. Une démarche qu’elle étend désormais aux exploitations agricoles de son territoire, avec la LPO et la chambre d’agriculture, sur la base de diagnostics agro-écologiques, avec des plants issus de la récolte de graines forestières élevés dans une pépinière de marque Végétal local.

Pour en savoir plus : Consulter le rapport de visite de terrain

Villeneuve d’Ascq (61 920 hab., Nord) est nommée meilleure commune pour la Biodiversité 2023 (catégorie – de 100 000 habitants). Le lien entre arbre et biodiversité est omniprésent dans les actions de Villeneuve d’Ascq, tout particulièrement en ville où aucun projet ne doit générer l’abattage de sujets ou compromettre leur état sanitaire : les plantations comme la gestion prennent systématiquement en compte la cohérence entre paysages et milieux, choix des essences d’arbres et d’arbustes locaux et leurs cortèges d’espèces associées, trame verte et bleue… Elles reposent sur une puissante capacité d’inventaire et de suivis naturalistes.

Villeneuve d'Ascq / Arbre urbain conduit en têtard © Jonathan Flandin

A titre d’exemple, le travail de restauration du réseau écologique favorable à la population d’Ecureuil roux comprend la mise en place d’écuroducs et le renforcement de la ressource alimentaire avec des noisetiers, châtaigniers, etc. La gestion des arbres taillés en têtards jusqu’en milieu urbain revêt à la fois une dimension paysagère historique et une véritable valeur ajoutée en termes d’offre d’arbres-habitat. Les arbres morts sont laissés sur pied ou à terre, permettant l’expression de l’intégralité des espèces liées au cycle de leur fin de vie.

La reconquête du paysage historique de bocage et la dimension nourricière complète et enrichit l’approche naturaliste et s’étend au milieu agricole où les plantations participatives mobilisent la population et les scolaires avec les agriculteurs et associations locales. 5 km de haies ont déjà été recréées sur un objectif à terme de 40 km de la plante d’ourlet ou de sous-bois jusqu’à la trogne, en passant par les lianes et le tas de bois. Un réseau de mares naissant complétera cet écosystème bocager pour un fonctionnement optimal.

Enfin, la stratégie foncière de la collectivité, passant notamment par l’acquisition de zones constructibles, est au service de la création de zones refuges pour la biodiversité, protégées des activités humaines, en cohérence avec l’objectif municipal de lutte contre l’artificialisation.

Pour en savoir plus : Consulter le rapport de visite de terrain

Strasbourg (277 270 hab., Bas-Rhin) est la meilleure commune pour la Biodiversité 2023 (catégorie + de 100 000 habitants). Strasbourg présente la particularité unique d’avoir créé et de gérer 3 réserves naturelles nationales constituées de forêts alluviales périurbaines. Un statut favorable à la protection de la richesse biologique qu’il faut concilier avec les usages, tout particulièrement la promenade et les sports de loisirs, comme dans la forêt de Neuhof-Illkirch-Graffenstaden, enclavée dans le milieu urbain. Une démarche de concertation engagée en 2019 avec toutes les personnes concernées (riverains, promeneurs, cyclistes, cavaliers, pêcheurs, élus et services…) a permis de revoir le plan de circulation dans la réserve afin d’accroître très sensiblement les zones de tranquillité pour la faune et de libre-évolution de la flore, grâce à la fermeture de sentiers, mais aussi leur désimperméabilisation ainsi que la renaturation d’anciennes routes forestières bitumées.

Strasbourg / Réserve naturelle nationale de Neuhof-Illkirch © Pierre Buchert

Strasbourg poursuit son plan Canopée destiné notamment à lutter contre l’effet d’îlot de chaleur urbain en augmentant de 26 à 30% la part de son territoire couvert par le houpier de ses arbres, procurant de la fraîcheur par l’ombrage et l’évapotranspiration. Un plan qui s’attache à protéger et préserver les arbres existants, grâce à une expertise et un suivi technique et naturaliste exceptionnel mais aussi avec une évolution des méthodes de gestion en privilégiant le port libre quand c’est possible. L’extension du patrimoine arboré repose sur des plantations qualitatives d’arbres déjà assez grands afin de produire un effet d’ombrage rapide, dans des conditions optimales de développement en termes de sol et d’eau, sur l’espace public comme les rues et les parcs urbains mais aussi lors de la végétalisation des cours d’école ou encore dans les cimetières où la présence des arbres est renforcée. Mais aussi sur le domaine privé avec la participation des entreprises, associations et bailleurs, et de la population mobilisée depuis 2017 via l’opération de végétalisation participative « Strasbourg ça pousse ». L’ensemble bénéficie d’une forte implication de la communauté scientifique strasbourgeoise, qui est associée à la ville pour évaluer les effets des mesures mises en œuvre à la fois pour le climat et pour la biodiversité et développer les connaissances sur les arbres urbains et les écosystèmes.

Pour en savoir plus : Consulter le rapport de visite de terrain

La communauté de communes du Pays de Pouzauges (23 216 hab., Vendée) est nommée meilleure intercommunalité pour la Biodiversité 2023 (catégorie intercommunalités rurales). Le Pays de Pouzauges est marqué par le paysage de bocage, et il offre avec sa chaîne des puys et son riche réseau hydrographique une grande diversité d’habitats naturels. Il n’a cependant pas échappé à la régression des haies bocagères, et la communauté de communes agit résolument pour enrayer cette dégradation. Avec ses communes membres, ses agriculteurs et entreprises, ses habitants et de nombreux partenaires publics et privés, la communauté de communes anime depuis 2006 une charte forestière et bocagère, support d’un large panel d’actions en faveur à la fois des espèces emblématiques, de la trame verte et bleue et de la valorisation économique et sociale des bois et des haies. Des paiements pour services environnementaux rendus par les bonnes pratiques de gestion sont mis en place sur le territoire, en partenariat avec les partenaires publics et privés. Ces services rendus sont essentiels dans un territoire de têtes de bassins versants avec une topographie marquée : les haies retiennent les eaux de ruissellements et jouent un rôle majeur pour l’accueil de la faune et la connectivité écologique. La création d’un tiers-lieu bois constitué en société coopérative d’intérêt collectif « Les sens du bois » va permettre de valoriser le bois local issu de l’entretien de ces haies et boisements, pour encourager l’usage du bois d’œuvre et poursuivre l’approvisionnement des chaudières collectives du territoire, du paillage et de la litière animale.

Communauté de communes du Pays de Pouzauge / Paysage du bocage

En étroite collaboration avec ses partenaires locaux, la communauté de communes accompagne ses exploitations agricoles, très majoritairement d’élevage, dans la restauration et la préservation des paysages pastoraux complexes où s’entremêlent haies, prairies, boisements, mares et rivières. Dans le cadre du programme Nature 2050 porté par la CDC Biodiversité, elle favorise par exemple le développement de l’agroforesterie par des plantations intra-parcellaires d’essences d’arbres de haut jet adaptées au dérèglement climatique, ou encore les éclaircies dans les taillis de châtaigniers pour favoriser la biodiversité.

Pour en savoir plus : Consulter le rapport de visite de terrain

L’édition 2024 du concours Capitale française de la Biodiversité est d’ores et déjà ouverte : communes et intercommunalités françaises sont invitées à candidater jusqu’au 31 janvier 2024 sur www.capitale-biodiversite.fr afin de faire connaître et valoriser leurs réussites autour du thème « Sobriété & Biodiversité ».

Un cycle de webinaires est proposé sur ce thème par le CNFPT et les co-organisateurs du concours « Capitale Française de la Biodiversité » : premier rendez-vous le mardi 17 octobre 2023 de 12h à 13h!

Le concours Capitale française de la Biodiversité est organisé par l’Office français de la biodiversité, Plante & Cité, centre technique national sur les espaces verts et la nature en ville, et les Agences régionales et collectifs régionaux pour la Biodiversité, avec la participation du Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema). Il est soutenu par le ministère de la Transition écologique et de la cohésion des territoires. Enfin, il s’appuie sur de nombreux autres partenaires, réunis au sein de son Comité scientifique et technique en charge de l’évaluation des candidatures.

La Métropole Rouen Normandie est la 12e Capitale française de la Biodiversité, elle succède à la Communauté de communes de la Vallée de la Bruche (2022), La Roche-sur-Yon (2021), la Métropole de Lyon (2019), Besançon (2018), Muttersholtz (2017), Rennes (2016), Strasbourg (2014), Niort (2013), Lille (2012), Montpellier (2011) et Grande-Synthe (2010). En savoir plus sur les lauréats des précédentes éditions !

“Qui fait quoi” dans une stratégie régionale pour la biodiversité ?

La stratégie régionale pour la biodiversité (SRB) est un outil fédérateur qui permet d’incarner pleinement le chef de filât « Biodiversité », confié à la Région par la Loi MAPTAM de 2014. Mais concrètement, que signifie être chef de file « Biodiversité » ? Comment l’exercer pleinement et efficacement en s’appuyant sur la SRB ? Et au-delà de ce rôle régional de coordination et d’animation, comment rendre visibles et lisibles les rôles et positionnements de tous les acteurs territoriaux concernés par la SRB dans son processus d’élaboration et de mise en œuvre ? C’est pour répondre à ces questions que le Comité français de l’UICN, en partenariat avec l’Office français de la biodiversité et le Ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires, publie la quatrième fiche de sa « boite à outils pour les SRB » intitulée « Chef de filât Biodiversité & SRB – La cartographie des acteurs SRB ».

Afin d’accompagner au mieux les territoires, et notamment les régions de France métropolitaine et d’outre-mer, dans l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi de leurs stratégies régionales pour la biodiversité (SRB), cette fiche :

  • Propose un décryptage de ce que signifie être chef de file « biodiversité » ; explore les outils, moyens et leviers dont disposent les Régions pour en faire un véritable moteur pour une action régionale et territoriale ambitieuse en faveur de la biodiversité ; et identifie les prérequis nécessaires pour exercer pleinement et efficacement ce chef de filât en s’appuyant sur la SRB.
  • Dresse la typologie détaillée des acteurs territoriaux concernés par une SRB, et sur cette base propose une cartographie du « qui fait quoi » dans l’élaboration, puis la mise en œuvre d’une SRB (qui sont les pilotes et co-pilotes de la SRB, son « noyau dur » ? Quels sont les partenaires clés à approcher en premier lieu, le « premier cercle » ? Quelles sont les chevilles ouvrières de sa mise en œuvre ? Quels sont les principaux financeurs de la biodiversité en région ? etc.).
  • Valorise des retours d’expériences issus des SRB publiées à ce jour (Bourgogne-Franche-Comté, Grand Est, Ile-de-France, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, Pays de la Loire) afin d’illustrer l’ensemble de ces points.

Cette fiche est la quatrième parmi la dizaine de fiches thématiques qui constitueront la « Boite à outils pour les SRB ». Cette boite à outils, élaborée par le Comité français de l’UICN avec son groupe de travail « Collectivités & Biodiversité » – et en partenariat avec l’Office français de la biodiversité et le Ministère de la transition écologique de la cohésion des territoires – est un outil opérationnel pour accompagner les territoires de France métropolitaine et d’outre-mer, et en premier lieu les Régions, dans l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi de leurs stratégies en faveur de la biodiversité. Chaque fiche propose des pistes méthodologiques, illustrées par des retours d’expériences territoriales, sur des thèmes identifiés par le groupe de travail « Collectivités & Biodiversité » comme étant prioritaires pour « réussir » sa stratégie. Si ce guide technique s’adresse en premier lieu aux Régions et à leurs partenaires – tels que les agences régionales pour la biodiversité (ARB) et les services et opérateurs de l’État –, il peut être également utilisé par toutes les collectivités engagées dans une stratégie “biodiversité” (Département, Intercommunalité, Ville).

La prochaine fiche à paraitre portera sur l’articulation entre stratégie régionale pour la biodiversité (SRB) et schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET).

Ce projet s’inscrit dans les travaux que mène le Comité français de l’UICN depuis plus d’une dizaine d’années pour soutenir le développement et le renforcement des SRB. Plus d’information ici.

Contact : Valérie Moral, Coordinatrice “Collectivités & Biodiversité”.

Le Comité français de l’UICN participera aux 13èmes Assises Nationales de la Biodiversité, du 5 au 7 juillet à Marseille !

À l’occasion des 13èmes Assises Nationales de la Biodiversité (ANB), les Eco Maires et IdealCO en partenariat avec le Département des Bouches-du-Rhône, la Ville de Marseille, la Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur et la Métropole Aix-Marseille-Provence invitent les acteurs du monde de la biodiversité (Collectivités, services de l’État, associations, entreprises, etc.) à se réunir les 5, 6 et 7 juillet à Marseille, autour de 7 parcours thématiques :

  • Protection et reconquête de la biodiversité
  • Agriculture et biodiversité
  • Biodiversité marine, focus Méditerranée
  • Aménagement des territoires et désartificialisation des sols
  • Les outils économiques, fiscaux et financiers
  • Une société sensibilisée, formée et mobilisée
  • Santé et biodiversité (One Health)

Il s’agira une nouvelle fois d’un événement hybride incluant de nombreuses sessions de rencontres et de partage : séances plénières, ateliers techniques, regards croisés, formats collaboratifs, speed-meeting, projections de documentaires, expositions, visites de sites emblématiques, échanges informels… 

Les Assises nationales de la biodiversité accueillent également la 7ème édition des Assises Nationales des Espaces Naturels Sensibles, comprenant des ateliers et des temps d’échange dédiés aux Départements.

Comme chaque année le Comité français de l’UICN sera présent et interviendra dans plusieurs ateliers auxquels nous aurons le plaisir de vous retrouver :

  • Atelier E1 – Présentation de la démarche “One Health”, 5/07 de 11h15 à 12h45
  • Atelier H3 – Les stratégies départementales en faveur de la nature, 5/07 de 16h15 à 17h45
  • Atelier B6 – Questionnement sur la libre évolution des forêts, 6/07 de 11h15 à 12h45

Lancement opérationnel de la Stratégie Régionale pour la Biodiversité de la Nouvelle-Aquitaine

Le 6 mars 2023 a marqué le lancement opérationnel de la Stratégie Régionale pour la Biodiversité (SRB) de la Nouvelle-Aquitaine. Résultat de trois années de co-construction par un collectif d’acteurs régionaux, ce cadre d’action porte des objectifs ambitieux en matière de conservation de la nature et d’utilisation durable de la biodiversité dans les politiques publiques. Lors de cet évènement, de nombreux acteurs participants aux politiques de conservation de la biodiversité sur le territoire (représentants de l’Etat, Région, syndicats mixtes de gestion, ARB, OFB, Comité français de l’UICN…) se sont réunis à l’Hôtel de Région à Bordeaux.

La Stratégie Régionale de Biodiversité Nouvelle-Aquitaine, le résultat d’une démarche de co-construction avec les acteurs du territoire  

La SRB de la Région Nouvelle-Aquitaine est un cadre d’action sur dix ans (2023-2032) visant à préserver et restaurer la biodiversité dans le contexte du changement climatique. Elle a été co-construite avec l’ensemble des acteurs régionaux entre 2019 et 2022 sous le pilotage conjoint de la Région, de l’OFB et de la DREAL avec le soutien des Agences de l’eau et l’accompagnement technique et méthodologique de l’ARB, de l’Ifrée et du Comité français de l’UICN. Elle fixe 20 objectifs et 49 actions qui traitent de la connaissance et de la préservation de la biodiversité, de l’accompagnement des territoires pour déployer les Solutions fondées sur la Nature (SfN), du développement économique intégrant les enjeux de préservation, de la mobilisation de la société pour agir ainsi que la cohérence et l’efficacité des politiques publiques.

En réponses aux enjeux du territoire, elle se décline en 5 orientations :

Un temps fort pour la présentation de la SRB et sa mise en oeuvre opérationnelle pour la conservation de la nature

Lors de la matinée, différents témoignages ont permis d’illustrer le cadre d’action de la SRB :  la création de la réserve naturelle nationale d’Arjuzanx, les solutions d’adaptation fondées sur la nature dans l’estuaire de la Gironde, la préfiguration du Laboratoire Vivant, la transition et accompagnement des entreprises, la mobilisation citoyenne autour de la biodiversité dans les Quartiers Politique de la Ville, etc. Les actions menées dans le cadre de la SRB s’inscrivent dans la réalité des territoires de Nouvelle-Aquitaine, des acteurs engagent des projets et expérimentent des solutions pour la conservation de la nature et témoignent de la possibilité pour chacun de contribuer à la SRB à son échelle en prenant appui sur des initiatives régionales.   

Cette journée a aussi permis de poser le cadre d’engagement de la SRB et les outils d’accompagnement de sa mise en œuvre, notamment le label SRB. Il reconnait et valorise un projet ou un plan d’action selon 4 critères : sa pertinence, son ambition, sa dimension partenarial/transversale et la démarche de suivi et d’évaluation.

Un bilan du programme Territoires engagés pour la nature (TEN) en Nouvelle Aquitaine a aussi été proposé. Lancé en septembre 2021, 27 lauréats ont été reconnus : 21 communes et EPCI à fiscalité propre répartis sur les 3 anciennes régions et sur 10 départements. En répondant aux objectifs fixés par la SRB, le dispositif TEN représente un levier opérationnel pour sa mise en œuvre.

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Enfin, plusieurs ateliers ont été organisés dans l’après-midi pendant lesquels les participants à la rencontre ont pu échanger autour de plusieurs thématiques : formation des élus et des acteurs professionnels, stratégies locales pour la biodiversité, accompagnement des acteurs économiques vers des pratiques de gestion et d’exploitation vertueuses, accompagnement des projets portés par les citoyens et la jeunesse, outils pour la mise en œuvre de la SRB, etc.

Les restitutions des ateliers sont disponibles sur le site de l’ARB Nouvelle-Aquitaine : SRB-6-mars-2023_Restitution-ateliers-compilation.pdf (biodiversite-nouvelle-aquitaine.fr) 

LE DÉPARTEMENT DES BOUCHES-DU-RHÔNE ADOPTE SA STRATÉGIE DÉPARTEMENTALE POUR LA BIODIVERSITÉ 2022-2027

Depuis longtemps investi dans une ambitieuse politique de préservation de la biodiversité, concrétisée notamment par 18000 hectares de son territoire classé en espaces naturels sensibles, le Département des Bouches-du-Rhône est désormais doté de sa stratégie départementale pour la biodiversité (SDB13) à horizon 2027. Ce travail est le fruit d’un partenariat engagé depuis 2018 avec le Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), mené en concertation avec les experts du Comité scientifique et technique partagé entre le Département et la Métropole.

Les compétences du Département mises au service de la biodiversité : une stratégie transversale

L’élaboration de la SDB13 montre en particulier sa force au niveau des thématiques mobilisées, intégrant l’enjeu de la biodiversité à l’ensemble des politiques publiques déployées sur le Département. Le programme d’actions prévu dans la SDB13 va ainsi au-delà des habituels modes d’intervention, et met en perspective la question de la préservation de la biodiversité au regard des compétences et des multiples thématiques traitées par le Département. L’ensemble des services se sont ainsi associés à la démarche, dans une réflexion conjuguant les questions de biodiversité avec notamment les sujets de la santé, de l’insertion, de la jeunesse et de l’éducation, des transports, de l’énergie, de la transition alimentaire, du tourisme, de la culture… Les directions concernées ont ainsi proposé différents projets à intégrer au plan d’actions pendant sa construction, et continueront à participer à sa mise en œuvre.

Avec sa mise en œuvre, le Département précise sa volonté d’ériger la biodiversité comme un enjeu transversal dont la protection et la reconquête ne concernent pas seulement les acteurs déjà actifs sur la thématique, mais également ceux qui ont le potentiel pour s’impliquer davantage.

Une stratégie bâtie sur 3 piliers

Le document cadre : diagnostic de la biodiversité, enjeux partagés et plan d’actions

Le diagnostic réalise l’état des lieux des caractéristiques de la biodiversité départementale, ce qu’elle représente, et ses connexions avec les activités du territoire.

Celui-ci permet d’identifier et de hiérarchiser les principaux enjeux du territoire au regard de la préservation de la biodiversité, partagés par les différents secteurs, posant ainsi les fondations du plans d’actions.

Avec une soixantaine de fiches réparties en 7 enjeux chapôs, le plan d’actions traduit la SDB13 en actions concrètes pilotées par les différentes directions du Département, en s’appuyant sur de nombreuses collaborations avec leurs partenaires. Initié en 2022, il se prolongera sur les années à venir et pourra être amené à évoluer en fonction des nouveaux besoins identifiés.

Tableau de bord des aires protégées

Réalisé en 2020 par le Comité français de l’UICN, le Tableau de bord des aires protégées du département des Bouches-du-Rhône est directement inspiré de l’initiative Protected planet, lancée en 2012 par le Centre mondial de surveillance de la conservation de la nature du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (UNEP-WCMC), avec le soutien de l’UICN et de sa Commission Mondiale des Aires Protégées (CMAP).

Il fournit une importante source d’informations notamment pour visualiser la répartition des aires protégées dans le département, leur représentativité écologique et leur connectivité, évaluer l’efficacité de leur gestion et l’équité de leur gouvernance, ou encore identifier les zones importantes pour la biodiversité.

Jeu d’indicateurs départemental de la biodiversité

En dressant un portrait territorial de la biodiversité, suivi au cours du temps, les indicateurs représentent une manière d’évaluer l’efficacité des actions mises en œuvre. Ils pourront être utiles aux différents décideurs pour traiter les diverses questions relatives à la biodiversité du territoire. L’élaboration d’un jeu d’indicateurs départemental s’insère ainsi dans la logique de la SDB13.

Une vingtaine d’indicateurs ont pour l’instant été retenus à travers le cadre général DPSIR (forces motrices, pressions, état, impacts, réponses), afin de préciser le travail de diagnostic et de contribuer au suivi de la stratégie.

Zoom sur les 7 enjeux chapôs

  1. Une collectivité exemplaire
  2. Des écosystèmes fonctionnels et résilients face au changement climatique
  3. Un aménagement du territoire respectueux de la nature privilégiant la sobriété foncière
  4. Une transition vers des filières durables intégrant pleinement les enjeux de biodiversité
  5. Une amélioration de la connaissance de la biodiversité départementale et de la diffusion de ses enjeux auprès des publics
  6. Un patrimoine naturel au cœur de l’identité du département et du bien-être de ses habitants
  7. Le développement d’une approche commune dite “one health” entre les sujets de la santé humaine, de l’environnement, de la préservation des espèces
A l’occasion des Rencontres départementales de la nature le 30 novembre 2022 à Marseille, le Département des Bouches-du-Rhône présentait sa première Stratégie départementale de la biodiversité adoptée en octobre 2022.

Fortement impliqué depuis plus d’une dizaine d’années dans le développement et le renforcement des stratégies territoriales pour la biodiversité (STB), notamment à travers la publication de nombreux travaux de référence sur ce sujet, le Comité français de l’UICN accompagne le Département des Bouches-du-Rhône dans cette démarche depuis plusieurs années. Nous tenons à souligner qu’une des clés de la réussite d’une STB réside dans la dynamique collective à créer et à faire vivre pour une mise en œuvre opérationnelle et efficace de son plan d’action. Pour cela, il est essentiel de garantir des moyens financiers et humains suffisants pour mener à bien les actions dans la durée.

RETOUR SUR LA RÉUNION “COLLECTIVITÉS FRANCOPHONES & BIODIVERSITÉ” DU COMITÉ FRANCAIS DE L’UICN DU 16 DÉCEMBRE 2022

Dans le cadre de ses travaux sur les actions portées par les collectivités territoriales en faveur de la biodiversité à l’international, le Comité français de l’UICN et son groupe de travail « Collectivités & Biodiversité » (GTCT) ont organisé une première réunion dédiée au thème « Collectivités francophones & Biodiversité » le vendredi 16 décembre 2022 après-midi. L’événement a laissé la parole à des représentants de différentes collectivités françaises et francophones au cours de deux sessions d’échanges, afin de faire découvrir des exemples de coopérations décentralisées « Biodiversité » puis de partager leurs initiatives inspirantes et bonnes pratiques pour la biodiversité.

Introduction

Présentation du Comité français de l’UICN, son groupe de travail « Collectivités & Biodiversité », et ses travaux autour de la coopération décentralisée « biodiversité »

Valérie Moral, chargée de mission « Collectivités & Biodiversité » – Comité français de l’UICN

Session 1 : Exemples de coopérations décentralisées « biodiversité » entre collectivités françaises et francophones

Eurométropole de Strasbourg & Ville de Montréal (Canada)

Projet général pour « repenser la ville en transition avec les citoyens », cette coopération donne la part belle à l’intelligence collective et l’échange d’expertise en misant sur une double transversalité horizontale (mobilisation interservices sur des sujets de biodiversité entre autres) et verticale (implication des élus, des techniciens et des citoyens). À travers l’exemple des projets de végétalisation urbaine déjà menés dans les deux territoires et des systèmes de concertation citoyenne associés, les intervenants insistent sur la nécessité de faire évoluer les pratiques afin d’agir plus efficacement et plus globalement sur la transformation du tissu urbain existant, le citoyen devenant davantage acteur de la transition socio-écologique dans un cadre convenu avec la collectivité.

Pierre Zimmermann, Mission stratégie de la transformation écologique et économique du territoire – Eurométropole de Strasbourg

Jean-François Simoneau, Conseiller en planification et gestion de projets – Ville de Montréal

Région Nouvelle-Aquitaine & Région du Plateau Central (Burkina Faso)

Présentation de l’accord de coopération décentralisée conclu entre la Région Nouvelle-Aquitaine et la Région du Plateau Central (Burkina Faso). En partant du besoin des populations à l’échelon local, l’accompagnement de la Région sur de petits projets a permis de réaliser deux actions principales avec de multiples co-bénéfices : amélioration des conditions de vie, diminution de certains risques sanitaires, renforcement de la sécurité alimentaire, lutte contre la déforestation et contre la dégradation des sols agricoles.

Sylvain Davila, Chargé de mission Coopération internationale – Région Nouvelle-Aquitaine

Département de l’Isère & Réserve naturelle communautaire du Boundou (Sénégal)

Partenariat politique et technique en vue de transformer la zone de chasse du Boundou (Sénégal) en réserve naturelle communautaire, et de rédiger son premier plan de gestion. Intégrée au réseau d’espaces naturels sensibles du Département, la réserve naturelle communautaire du Boundou bénéficie en particulier d’un accompagnement financier du Département à travers la taxe d’aménagement. Le projet a montré des résultats significatifs en termes de développement local et d’éducation à l’environnement : accès à l’eau, écotourisme, diversification des filières, renforcement des capacités, actions dans les écoles…

Marie-Anne Chabert, Chef du Service Patrimoine naturel – Département de l’Isère

Marie Thiberville, Chef de projet Plans de gestion Service Patrimoine Naturel – Département de l’Isère

Abdou Diouf, conservateur de la Réserve Naturelle Communautaire du Boundou

Session 2 : Retours d’expériences inspirantes de collectivités francophones

République et Canton de Genève (Suisse)

Présentation du contexte national suisse puis de la Stratégie Biodiversité 2030 définie à l’échelon du Canton de Genève. Transversale, celle-ci compte 12 champs d’application (infrastructures écologiques, forêt, cours d’eau, aires agricoles, espace bâti, sensibilisation, outils administratifs et politiques…) et a été précisée dans le plan d’actions 2020-2023 déclinant chaque chapitre de la stratégie en actions. Différents focus sont faits sur le programme Nature en ville, l’accompagnement des communes, et le rapprochement entre les sujets Climat et Biodiversité (présentation visuelle des co-bénéfices). Présentation de la démarche « Eau en ville » visant à impulser un changement de pratiques en matière de gestion des eaux pluviales, notamment grâce aux solutions fondées sur la nature.

Delia Fontaine, Responsable Programme nature en ville – République et Canton de Genève

Gaëtan Seguin, Co-pilote de la démarche Eau en Ville – République et Canton de Genève

Ville d’Abomey-Calavi (Bénin) & ACED

Projet de 2 ans porté par l’ACED et la Ville d’Abomey-Calavi (Bénin) entre 2022 et 2023 mettant en œuvre l’emploi de solutions fondées sur la nature (SfN) pour répondre aux enjeux sociétaux et environnementaux. Constatant différents problèmes engendrés par la très forte urbanisation du territoire, les actions de renaturation (aménagement d’espaces verts, de jardins-fermes communautaires, accroissement de la canopée urbaine) ont apporté des solutions notamment aux risques d’inondation, d’insécurité alimentaire, de chaleur extrême, et accru le confort général des habitants. Le concept de SfN restant récent, il est essentiel d’informer puis de former les équipes techniques. Plusieurs leçons sont à retenir : les SfN sont efficaces sur une échelle sociale et écologique pertinente, leur viabilité économique est primordiale sur le long terme, et il faut tenir compte dans leur financement et leur planification de la participation et l’inclusion des populations.

Abel Dupond, Responsable de la gestion des ressources forestières – Ville d’Abomey-Calavi

Rodrigue Castro Gbedomon, Directeur des Recherches et de l’Apprentissage – ACED

Ville de Lausanne (Suisse)

Présentation de la politique de nature en Ville de Lausanne à travers son document cadre « Concepts directeurs nature en ville » validé en 2018 pour répondre aux enjeux de biodiversité. Parmi les grands axes : la nature dans un contexte de densification du bâti, l’intégration des continuités écologiques dans la planification, et la connexion des espaces verts urbains. Pour réaliser bon nombre d’actions, le document s’appuie sur le Réseau écologique urbain lausannois, construit à partir d’un diagnostic et de la cartographie des zones stratégiques du territoire, ainsi que différents outils de planification. L’élaboration d’un plan d’actions Biodiversité est en cours afin de renforcer la transversalité de cette politique.

Fanny Allienne-Falconnet, Cheffe Division Nature – Ville de Lausanne

De nouvelles éditions « Collectivités francophones & Biodiversité » seront organisées sur des thématiques variées (désimperméabilisation des sols, solutions fondées sur la nature, implication citoyenne…).

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à nous contacter (fabien.kufel@uicn.fr)

LA RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE ADOPTE SA STRATÉGIE RÉGIONALE POUR LA BIODIVERSITÉ 2023-2032

Le 17 octobre 2022, le Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine a adopté en séance plénière la stratégie régionale pour la biodiversité (SRB) 2023-2032. Établie pour 10 ans, la SRB Nouvelle-Aquitaine est la feuille de route collective pour la reconquête de la biodiversité, co-pilotée par la Région et l’État, en lien avec les agences de l’eau, et avec l’appui technique de l’ARB de Nouvelle-Aquitaine, de l’Ifrée et du Comité français de l’UICN.

 Une stratégie co-construite et partagée avec l’ensemble des acteurs régionaux

Véritable cadre commun pour agir collectivement en faveur de la biodiversité, la SRB NA est le fruit d’un important travail de co-construction engagé en 2019 avec l’ensemble des parties prenantes régionales (État et ses établissements publics, collectivités territoriales, acteurs socio-professionnels, secteur associatif, scientifiques, citoyens…). Sa construction s’est organisée en deux temps :  

Le rapport « Diagnostic et enjeux » de la biodiversité : publié mi-2021 et issu d’un large travail participatif, il dresse le dernier état des connaissances régionales sur les milieux, les espèces, les interactions entre les activités humaines et la biodiversité régionales, et les outils de préservation mis en place. Cet état des lieux factuel et collaboratif aboutit à l’identification partagée des 7 principaux enjeux néo-aquitains au regard de la biodiversité.

Le cadre opérationnel : co-construit avec l’ensemble des acteurs régionaux en réponse aux enjeux identifiés, et à travers de nombreux ateliers de concertation territoriale et des consultations citoyennes, il se compose de 5 orientations stratégiques et de 49 actions opérationnelles.

Zoom sur le plan d’action 2023 – 2032

En réponse aux 7 enjeux identifiés et partagés à l’issue de l’écriture du diagnostic, la stratégie d’action régionale repose sur 5 orientations stratégiques, 20 objectifs à atteindre d’ici dix ans, et 49 actions opérationnelles à mettre en œuvre, afin de mieux protéger, restaurer et gérer la diversité biologique régionale.

  • Orientation A) Préservation : Une meilleure connaissance et une protection renforcée de la biodiversité
  • Orientation B) Territoires : Des territoires engagés mobilisant les Solutions fondées sur la Nature pour leur aménagement
  • Orientation C) Développement économique : La biodiversité comme condition et atout pour le développement économique
  • Orientation D) Mobilisation : Une société reconnectée à la nature, formée aux enjeux de la biodiversité, et mobilisée pour agir
  • Orientation E) Cohérence des politiques : La biodiversité au cœur de politiques publiques ambitieuses, cohérentes et efficaces

Ce plan d’action incarne une ambition commune à s’engager collectivement pour les 10 prochaines années. Sa construction a permis de mobiliser les acteurs du territoire et de les inviter à se saisir des actions pour en assurer la mise en œuvre, à leur échelle. C’est de cet engagement collectif que dépendra la réussite de la SRB !

Retrouver le plan d’action dans le rapport complet

Mise en œuvre et suivi de la SRB Nouvelle – Aquitaine

Ainsi, pour favoriser la mobilisation de tous dans la mise en œuvre du plan d’action, la SRB NA prévoit un dispositif d’engagement qui s’appuie sur divers outils complémentaires (charte d’engagement, dispositifs nationaux comme “Engagés pour la nature”, signature de Conventions territoriales d’exercice concerté (CTEC)…).

Indispensable à sa bonne mise en œuvre, la SRB prévoit également un dispositif de suivi qui permettra de mesurer l’état d’avancement et l’efficacité de la stratégie d’action, et de l’adapter si besoin  afin d’atteindre les objectifs fixés. Il s’appuie notamment sur un comité de suivi, un tableau de bord composé de différents   indicateurs (22 indicateurs de biodiversité ; 3 indicateurs de mise en œuvre globale de la SRB ; des indicateurs de résultat des actions…), et des évaluations (à mi-parcours et finale).

Fortement impliqué depuis plus d’une dizaine d’années dans le développement et le renforcement des SRB, notamment à travers la publication de nombreux travaux de référence sur ce sujet,  le Comité français de l’UICN accompagne la Région Nouvelle-Aquitaine dans cette démarche depuis plusieurs années. Nous tenons à souligner que les SRB sont des outils stratégiques majeurs de mobilisation, encourageant l’innovation et la cohérence de l’action publique en faveur de la biodiversité. Nous tenons également à rappeler qu’une des clés de la réussite d’une SRB réside dans la dynamique collective à créer et à faire vivre pour une mise en oeuvre opérationnelle et efficace de son plan d’action. Pour cela, il est essentiel de garantir des moyens financiers et humains suffisants pour mener à bien les actions dans la durée.