La communauté de communes de la Vallée de Bruche en Alsace est élue « Capitale française de la Biodiversité 2022 »

Vallée de la Bruche / Panorama © CCVB

La communauté de communes alsacienne devient la onzième « Capitale française de la Biodiversité », sur le thème “Paysage & Biodiversité”. Le Comité français de l’UICN, associé depuis de nombreuses années à ce concours national qui distingue les collectivités locales s’engageant de manière remarquable dans la préservation de la biodiversité, salue les démarches réalisées par les territoires récompensés. Avec les 4 autres collectivités lauréates, la communauté de communes de la Vallée de Bruche illustre par ses actions le lien étroit entre restauration des paysages et protection de la nature.

A partir d’un paysage profondément dégradé par la déprise agricole et l’enrésinement forestier, la communauté de communes de la Vallée de la Bruche (20 883 hab., Bas-Rhin) a su impulser une politique de réouverture des paysages, en permettant l’émergence et la pérennisation d’acteurs économiques et associatifs (associations foncières pastorales, syndicat des arboriculteurs et récoltants familiaux de fruits), susceptibles de contribuer au maintien des paysages ouverts sur le long terme. La gestion paysagère menée dans cette vallée vosgienne est intimement liée, dans la conception comme dans la mise en œuvre, à la préservation et au développement de la biodiversité. Ainsi, de nombreux éléments fixes du paysage (bosquets, haies, arbres isolés, vergers…) ont été favorisés ainsi que la restauration de fonds de vallées et  berges de cours d’eau… Un véritable travail de fond constituant et entretenant une « dentelle » d’espaces à haute valeur paysagère et environnementale.

Le projet paysager de la collectivité apparaît aussi fortement intégré aux autres composantes du territoire : tourisme, valorisation agricole, fermes-auberges, lien social, cadre de vie, mobilité, etc. De ce fait, il est porté par toute une communauté d’acteurs, et ce depuis plus de trente ans. Un exemple riche et inspirant pour les territoires ruraux de montagne comme de plaine, mais aussi pour les bourgs, les villes voire les métropoles partout en France.

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Quatre autres collectivités récompensées

Saint-Chamas (8 593 hab., Bouches-du-Rhône) reçoit le titre de meilleure commune pour la Biodiversité 2022 (catégorie – de 20 000 habitants). Le littoral de Saint-Chamas, situé dans le secteur contraint de l’étang de Berre et à proximité d’une centrale hydroélectrique, comprend deux sites classés Zone Natura 2000, tandis que 4 ports de plaisance ou de pêche ponctuent ses rives. De nombreuses plages sauvages faisaient l’objet d’une fréquentation et d’une baignade non encadrées. Outre le peu de confort des usagers, cela générait des impacts défavorables pour la faune et la flore, pour la nidification des

Saint-Chamas / Plage des Cabassons © Jérôme Champres, Cerema

Sternes naines par exemple sur le cordon coquillier de la Petite Camargue. Pour réaffirmer son identité littorale et permettre une meilleure accessibilité et utilisation des rives de l’étang tout en protégeant les secteurs naturels qui sont sensibles à la fréquentation du public, la commune a créé une plage en lieu et place d’un ancien stade. L’objectif est la réappropriation de l’étang en investissant autour des activités nautiques douces (baignade, kayak, paddle, voile) tout en limitant l’accès au littoral aux embarcations à moteur. La plage des Cabassons a été labellisée Pavillon bleu en mai 2022, tandis que des nurseries artificielles expérimentales de type “biohuts” ont été immergées dans le port de plaisance Notre-Dame.
Forte d’un réseau associatif, citoyen et naturaliste très dynamique, la commune a mis en place un « Permis de végétaliser » qui participe à améliorer le paysage urbain avec les habitants, et un Atlas de la biodiversité communale en cours va permettre d’améliorer encore la connaissance de la nature locale. 

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Saintes (25 470 hab., Charente-Maritime) est nommée meilleure commune pour la Biodiversité 2022 (catégorie – de 100 000 habitants). La ville pilote l’Espace Naturel Sensible des prairies inondables de la Palu (12 ha), aux enjeux forts tant sur la protection de la ressource en eau potable que pour sa faune et sa flore, exceptionnelles. Au-delà de son travail de maîtrise foncière et de gestion écologique, l’originalité de l’action de la ville de Saintes est de constituer avec son partenaire le Conservatoire des Espaces Naturels de Nouvelle‐Aquitaine, un stock de semences de plantes locales sauvages, qui lui permet d’être auto‐suffisante pour ses projets d’aménagements et de renaturation sur le territoire communal, et de disposer de mélanges prairiaux spécifiques

Saintes / Végétalisation après désimperméabilisation © Ville de Saintes

et adaptés en fonction des milieux à requalifier (prairies humides, mésophiles, coteaux calcaires…) jusqu’au milieu le plus urbain. En effet, partant du constat que la moitié de ses trottoirs étaient vieillissants et peu compatibles avec un entretien « zéro phyto », la ville les désimperméabilise et les végétalise en partie avec ces semences locales sauvages, tout en respectant les usages. Une action qui permet d’embellir mais également de diminuer les effets d’îlots de chaleur urbain, de favoriser l’infiltration des eaux de pluie et qui contribue à préserver et restaurer la biodiversité en milieu urbain. Elle est de surcroît beaucoup moins coûteuse en entretien !

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Angers (154 508 hab., Maine-et-Loire) est la meilleure commune pour la Biodiversité 2022 (catégorie + de 100 000 habitants). La collectivité s’appuie sur un héritage et savoir-faire reconnu dans le domaine de l’horticulture et du paysage, qu’elle fait évoluer au regard des enjeux de biodiversité avec une approche plus naturaliste, notamment dans les grands parcs Balzac ou Saint-Nicolas. Son action sur un très vaste patrimoine naturel (1000 ha d’espaces naturels et 550 ha d’espaces verts plus urbains) est structurée autour d’un plan “Nature en ville 2021-2025” articulé avec le Schéma directeur métropolitain des paysages

Angers / Réhabilitation allée Jeanne d'Arc © Marc Barra

angevins. Parmi les nombreuses actions de ce plan, la jeune micro-forêt urbaine du Grésillé (3 ha) préfigure un vaste programme de plantation de nouveaux boisements, dont la palette végétale arborée et arbustive est constituée de jeunes plants d’essences végétales locales adaptées au site (exposition, sol, cortège végétal du boisement riverain et climat local) sur la base d’un diagnostic préalable, avec un suivi dans le temps et pas ou peu d’entretien. Un exemple encore rare d’approche scientifique et technique qui tranche avec la mode souvent contestable de micro-forêts dites “Miyawaki”. Un inventaire participatif des arbres remarquables a par ailleurs été réalisé et annexé au plan local d’urbanisme.
En secteur de centre-ville dense, la ville réalise des « mini-jardins » en pied de façade, à la demande des habitants qui en assurent ensuite l’entretien. Le choix des plantations est fait par les habitants parmi une gamme de plantes horticoles ou de vivaces labellisées végétal local® qui représente près de la moitié des choix des habitants. Fin 2021, la ville compte 505 mini-jardins, soit 2176 mètres linéaires et 653 m² déminéralisés.

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Laroque-des-Albères (2 115 hab., Pyrénées-Orientales), coup de cœur du Jury 2022, a mis en place un Périmètre de protection et de mise en valeur des espaces agricoles et naturels périurbains (PAEN) sur plus de 600 hectares et met en œuvre une politique foncière dynamique, outils rarement mobilisés par une commune de cette taille. Le PAEN a été très efficace pour faire reconnaître la valeur paysagère et écologique des espaces de mosaïque agricole : vergers, vignobles, friches, haies, landes et fourrés, haies, prairies siliceuses, chênaie et boisement de chênes lièges. Cette démarche, qualifiée de “bouclier vert” par les élus

Laroque-des-Albères / Paysage © Gilles Lecuir

permet à la commune de lutter contre la très forte pression d’urbanisation de son territoire et le risque de cabanisation. Le périmètre – près du tiers de la surface de la commune – la relative ancienneté de la démarche, lancée dès 2012, sont d’autant plus remarquables que les PAEN restent encore peu développés au niveau national.
C’est enfin un excellent exemple du rôle fondamental des Conseils départementaux en matière d’ingénierie territoriale, aux côtés des Régions et de l’Etat, tout particulièrement pour les petites communes : c’est en effet le Département des Pyrénées-Orientales qui apporte son appui technique et financier à la commune de Laroque-des-Albères tant sur son PAEN que sur ses acquisitions foncières.

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L’édition 2023 du concours Capitale française de la Biodiversité est d’ores et déjà ouverte : communes et intercommunalités françaises sont invitées à candidater jusqu’au 31 janvier 2023 sur www.capitale-biodiversite.fr afin de faire connaître et valoriser leurs réussites autour du thème « Arbres & Forêts ».

Un cycle de webinaires est proposé sur ce thème par le concours Capitale française de la Biodiversité avec le CNFPT et l’OFB, premier rendez-vous mercredi 21 septembre 2022.

Le concours Capitale française de la Biodiversité est organisé par l’Office français de la biodiversité, Plante & Cité, centre technique national sur les espaces verts et la nature en ville, et les Agences régionales et collectifs régionaux pour la Biodiversité, avec la participation du Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema). Elle est soutenue par le ministère de la Transition écologique et de la cohésion des territoires. Enfin, elle s’appuie sur de nombreux autres partenaires, réunis au sein de son Comité scientifique et technique en charge de l’évaluation des candidatures.

La Communauté de communes de la Vallée de la Bruche est la 11e Capitale française de la Biodiversité, elle succède à La Roche-sur-Yon (2021), la Métropole de Lyon (2019), Besançon (2018), Muttersholtz (2017), Rennes (2016), Strasbourg (2014), Niort (2013), Lille (2012), Montpellier (2011) et Grande-Synthe (2010). En savoir plus sur les lauréats des précédentes éditions !

RESTAURATION DE LA CONCHE DES GAILLOUNEYS POUR PROTÉGER LE LITTORAL

Restauration de la conche des Gaillouneys à la Teste-de-Buch – Gironde (33)

Les territoires littoraux sont exposés à de nombreux risques naturels : submersions marines, érosion côtière, mobilité dunaire, avec des conséquences importantes pour les populations locales. Inondations, recul du trait de côte, ensablement de l’intérieur des terres, ces phénomènes peuvent ainsi menacer les habitations, les voies de communication et les cultures. Tous les départements français littoraux sont concernés par le recul du trait de côte, sur des linéaires plus ou moins importants, et on compte aujourd’hui en France 1,4 million d’habitants et 850 000 emplois exposés aux submersions marines. Amplifiées par les changements climatiques, les submersions marines vont devenir plus intenses et plus fréquentes et l’érosion des littoraux s’intensifiera au fil du temps.

Les infrastructures d’ingénierie civile constituent une protection temporaire et limitée face aux éléments naturels, et ne peuvent plus constituer l’unique réponse des territoires littoraux. Une adaptation est nécessaire pour gérer ces risques, en recourant notamment aux Solutions fondées sur la Nature (SfN). Economiquement viable et à bénéfices multiples pour les populations humaines et pour la biodiversité, celles-ci permettent de répondre aux enjeux littoraux de façon durable et efficace. En effet, la conservation et la restauration des écosystèmes littoraux comme les plages, dunes, marais et prés salés, estuaires, lagunes littorales, herbiers, mangroves et récifs coralliens, permet de réduire à la fois l’exposition des territoires aux aléas naturels car ces milieux représentent des espaces tampons, et aussi l’ampleur des dégâts car ils constituent une barrière face au vent, à la houle et au sable.

Fin 2015, la restauration du cordon dunaire du site de la Conche des Gaillouneys, située au sud de la dune du Pilat, a été mise en place dans l’objectif de ralentir le processus de déplacement des sables vers l’intérieur des terres lors des coups de vent et de protéger la route départementale 218 située à proximité. Sous l’impulsion de l’État, du Conservatoire du littoral (propriétaire) et du Syndicat mixte de la dune du Pilat (gestionnaire du grand site), les équipes de l’ONF (maître d’œuvre) ont réalisé un remodelage de quelques buttes résiduelles, puis piégé les sables transportés par le vent en installant une couverture de branchages de pins et de genêts de plus de 6 hectares. La pose de branchages a permis d’améliorer les conditions d’accueil des végétaux et, par la suite, les plantations d’Oyats d’accompagner la reprise de la végétation. La plupart des secteurs traités sont aujourd’hui couverts d’un tapis végétal composé d’espèces locales, tandis que le site est géré durablement pour éviter toute reprise de la mobilité dunaire et limiter la destruction des plantations par les flux piétons

Les solutions sont dans la nature pour réduire les risques littoraux et préserver la biodiversité

Le Comité français de l’UICN publie aujourd’hui « Les Solutions fondées sur la Nature pour la réduction des risques littoraux en France », un recueil à destination des élus et acteurs locaux pour faciliter le déploiement des Solutions fondées sur la nature dans les territoires.

Des solutions efficaces face aux risques naturels

Érosion côtière, submersion marine, mobilité dunaire… face aux risques naturels, accentués par les changements climatiques, les Solutions fondées sur la Nature sont des réponses efficaces et durables pour répondre à ces enjeux tout en apportant des bénéfices pour la biodiversité.

Dunes, marais côtiers, estuaires ou encore mangroves constituent des espaces tampons et des obstacles face aux tempêtes. Ils fixent et stockent également le sable permettant de réduire l’érosion côtière et les mouvements dunaires. Enfin, ils sont des remparts naturels contre la montée des eaux. Les actions de préservation et la restauration de ces écosystèmes sont donc cruciales pour augmenter la résilience des territoires face aux effets des changements climatiques. Ce sont en outre des alternatives pérennes et moins couteuses que les infrastructures grises.

La France, en métropole comme en Outre-Mer, est particulièrement concernée par ces risques littoraux. Cette vulnérabilité est exacerbée par une forte densité de population qui entraine un haut niveau d’artificialisation alors que ces milieux concentrent une biodiversité remarquable et particulièrement menacée par les activités humaines.

Des retours d’expériences concrets

Face à ce constat et à l’urgence d’agir, la publication « Les Solutions fondées sur la Nature pour la réduction des risques littoraux en France » présente 9 retours d’expériences de projets concrets de protection, restauration et gestion durable d’écosystèmes côtiers mis en œuvre en France métropolitaine et en Outre-Mer :

En Gironde, la restauration des dunes de la conche des Gaillouneys sur la commune de La Teste de Buch, a permis de réduire significativement la mobilité dunaire (auparavant de 5m/an) en utilisant notamment des espèces locales qui ont colonisé le milieu dunaire et permis la stabilisation du sable.

Dans l’Hérault, la destruction d’une route construite sur la dune et la restauration du lido du Petit et Grand Travers ont permis de réduire les risques de submersion marine et d’érosion côtière. Une avancée du trait de côte est même visible sur une partie du site.

Crédit photo : Petit Travers – Jean Favennec

Par la valorisation d’exemples concrets inspirants, ce recueil identifie les facteurs de réussite de chaque projet pour guider les acteurs du territoire qui souhaitent s’engager dans la démarche. 

Ces retours d’expérience illustrent l‘importance de la mise en place de démarches participatives de co-construction, de la concertation et de la communication entre l’ensemble des parties prenantes d’un territoire. De plus, ils montrent la nécessité de renforcer les moyens humains et financiers consacrés à ces actions pour garantir la pérennité de ces projets sur le long terme.

Le déploiement des Solutions fondées sur la Nature doit aujourd’hui s’accélérer fortement avec la mise en œuvre de politiques volontaristes et opérationnelles. Des écosystèmes préservés et diversifiés sont nos meilleurs alliés pour limiter les impacts des catastrophes naturelles, dont la fréquence et l’intensité sont amplifiées par les changements climatiques.

Le Comité français de l’UICN participera aux 12èmes Assises Nationales de la Biodiversité, du 7 au 9 septembre à Besançon !

À l’occasion des 12èmes Assises Nationales de la Biodiversité (ANB), idealCO et les Ecomaires invitent les acteurs du monde de la biodiversité (Collectivités, services de l’État, associations, entreprises, etc.) à se réunir, du 7 au 9 septembre 2022 à Besançon, autour de 6 grands parcours thématiques, au cœur de l’actualité :

  • Agriculture et biodiversité
  • Aménagement des territoires et biodiversité
  • Résilience et adaptation au changement climatique
  • Mobilisation et sensibilisation de la société civile
  • Fiscalité et financements de la biodiversité
  • Protection et restauration des écosystèmes

Les Assises, ce sont plus de 40 ateliers, sur place et à distance, proposant un panel de contenus et de formats, innovants et inspirants, pour avancer ensemble dans la mise en œuvre de solutions : 3 séances plénières, des regards croisés, des formats collaboratifs, un speed-meeting, des projections de documentaires…

Cette édition, co-organisée avec la Région Bourgogne-Franche-Comté et le Commissariat de Massif du Jura, et en partenariat avec le Département du Doubs, la Ville de Besançon et l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse, accueillera également les 6èmes Assises Nationales des Espaces Naturels Sensibles, et proposera un parcours dédié aux entreprises.

Le Comité français de l’UICN vous y donne rendez-vous pour plusieurs ateliers :

  • Le mercredi 7 septembre à 16h30, pour un atelier dédié à l’engagement des Départements en faveur des Solutions fondées sur la Nature (format hybride).
  • Le jeudi 8 septembre à 9h,  pour une présentation des outils à disposition des collectivités pour la planification, la gestion et la gouvernance des aires protégées (format hybride) ;
  • le jeudi 8 septembre à 14h, pour son atelier “Une boite à outils pour sa stratégie territoriale pour la biodiversité!”. 

Forum Urbain Mondial 2022 : le Comité français de l’UICN propose des solutions pour l’adaptation des villes aux crises environnementales

A l’occasion de la 11ème édition du Forum Urbain Mondial (FUM) qui se tient du 26 au 30 juin 2022 à Katowice en Pologne sur le thème « Transformer nos villes pour un meilleur futur urbain », le Comité français de l’UICN présente ses recommandations pour des villes durables dans la publication « Villes et Biodiversité ».

Affichant clairement son ambition de « Transformer nos villes pour un meilleur futur urbain », cette 11e édition du Forum vise en particulier à accélérer la mise en œuvre des engagements internationaux pour un urbanisme plus résilient et plus durable, dans le cadre du Nouvel Agenda Urbain adopté à Quito en 2016. Ce Forum permettra de revenir sur les problématiques de l’aménagement durable et de l’interface du bâti et de la nature, en mettant en avant le rôle que joue la préservation de la biodiversité pour la résilience urbaine.

« Il nous faut imaginer une meilleure cohabitation des espaces urbains avec le vivant en concevant des politiques publiques qui préservent et favorisent le retour de la biodiversité́ en ville, en s’inspirant notamment des solutions fondées sur la nature. »
Maud Lelièvre
Présidente du Comité français de l'UICN

A cette occasion, le Comité français de l’UICN et les Eco Maires se sont associés au Partenariat français pour la ville et les territoire (PVFT, coordinateur de la délégation française) pour publier « Villes et Biodiversité » avec le soutien de l’Alliance Urbaine de l’UICN, qui sera présenté le mercredi 29 juin à 9h sur le pavillon France.

Réalisé sur la base de nombreux retours d’expériences de collectivités, avec lesquelles le Comité français de l’UICN collabore pour renforcer leur implication en faveur de la biodiversité grâce à son groupe de travail « Collectivités & Biodiversité » présidé par Stéphane Woynaroski, ce document reprend des exemples d’initiatives innovantes et de solutions fondées sur la nature comme :

  • L’initiative du conseil départemental des Bouches-du-Rhône pour organiser une COP jeunesse incarnant la volonté de sensibiliser et d’impliquer les jeunes de différents profils à la préservation de la biodiversité.
  • L’initiative de la ville de Paris avec son projet oasis de Paris qui vise à transformer progressivement les cours des 760 écoles et collèges de Paris (73 ha) en îlots de fraîcheur urbains à l’horizon 2040.
  • La politique d’aménagement urbain menée par la Métropole de Bordeaux, dans le cadre du projet BIODIVER’CITE, qui contribue à lutter contre les îlots de chaleur par la revégétalisation de certains espaces urbanisés, connectés par des corridors écologiques.
  • La Réserve Naturelle Régionale de la basse vallée de la Savoureuse située en Bourgogne-Franche-Comté, qui est enclavée dans un milieu urbain mais qui permet à l’une des plus belles forêts de saules blancs et à de nombreuses prairies inondables originales de se développer.

L’UICN se félicite aujourd’hui de l’adhésion des 7 premières collectivités locales

Le Comité français de l’UICN se félicite de l’adhésion des premières collectivités suite à l’adoption, le 10 septembre 2021, par l’Assemblée des membres de l’UICN réunie au Congrès mondial de la nature à Marseille, de la motion (A) visant à inclure les autorités locales dans la gouvernance de l’UICN, comme membres à part entière.

Désormais 7 collectivités territoriales rejoignent cette nouvelle catégorie de membres :

  • Le Gouvernement Basque
  • Le Gouvernement de la Catalogne
  • Le Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie
  • Le Conseil Régional Sud-PACA
  • Le Conseil Régional d’Île-de-France
  • La Ville de Paris
  • La Ville de Curridabat

 

L’UICN, dont le rôle est d’être l’union de tous les acteurs impliqués dans la conservation de la nature dans le monde, inclut désormais de façon claire les collectivités territoriales, volontaires et actives sur la biodiversité, dans sa gouvernance. Avec 4 collectivités locales françaises admises sur 7, ces adhésions montrent la mobilisation mise en place avec les collectivités par le Comité français de l’UICN, à l’initiative de la motion adoptée au congrès mondial.

Ces premières adhésions de collectivités démontrent qu’elles font partie des acteurs majeurs pour répondre de manière concrète aux enjeux internationaux sur la préservation de la biodiversité et la lutte contre les changements climatiques dans les territoires.

En effet, « le rôle des collectivités territoriales est majeur dans le monde sur les questions environnementales. C’est une remarquable avancée qui permettra de renforcer la gouvernance de la nature avec des actions locales aussi bien dans les villes qu’à l’échelle de grandes régions et territoires » déclare Maud Lelièvre, Présidente du Comité français de l’UICN.

Les collectivités sont directement concernées par la mise en œuvre de nombreuses résolutions du Congrès mondial de l’UICN de Marseille comme la lutte contre l’artificialisation des sols, les solutions fondées sur la nature, la planification des espaces maritimes, la pollution plastique marine et lumineuse, ou encore les alternatives aux pesticides.

Elles ne seront pas les seules, puisque l’adhésion de la Ville de Fontainebleau, lieu de la création de l’UICN, est en cours, tout comme celle du Département des Bouches-du-Rhône qui prépare son dossier de candidature.

Cela est le fruit d’un travail que le Comité français de l’UICN porte depuis plus de 15 ans, et qui a progressé grâce à la mobilisation collective de ses membres et des participants de son groupe de travail « Collectivités & Biodiversité » présidée par Stéphane Woynaroski, Conseiller régional délégué à la biodiversité et à l’eau du Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté.

Ces adhésions ouvrent la voie à un renforcement des actions des collectivités en faveur de la biodiversité à la veille de l’adoption de la prochaine stratégie mondiale de la biodiversité à la COP15 Biodiversité cette année.

L’identification des enjeux, une étape charnière des stratégies régionales pour la biodiversité

L’identification des enjeux est une étape charnière dans l’élaboration d’une stratégie régionale pour la biodiversité (SRB). Pour réussir cet exercice, essentiel pour obtenir une stratégie d’action commune, partagée et pertinente au regard de l’état et des problématiques du territoire, il est nécessaire de partager collectivement : ce qu’est un enjeu de biodiversité, ses principales caractéristiques, ainsi que les principaux éléments méthodologiques. C’est ce que propose la fiche « Identification des enjeux » que publie le Comité français de l’UICN, en partenariat avec l’Office français de la biodiversité et le Ministère de la transition écologique, dans le cadre de sa « boite à outils SRB ».

Quelle est la définition précise d’un enjeu ? Comment le différencier d’un objectif ? À quel moment positionner ce travail collectif dans le processus d’élaboration d’une stratégie de biodiversité ? Que recouvrent exactement les enjeux dit « de biodiversité » ? Et concrètement comment faire pour les identifier ? Autant de questions que se posent la plupart des équipes en charge de l’élaboration de stratégies territoriales pour la biodiversité.

Pour y répondre, et accompagner au mieux les territoires et notamment les régions de France métropolitaine et d’outre-mer dans l’élaboration de leurs SRB, cette fiche :

  • rappelle le positionnement de l’identification des enjeux dans le processus d’élaboration d’une SRB : elle conclut le travail de diagnostic, et amorce le travail de concertation pour élaborer la stratégie commune d’action ;
  • propose des éléments de définition (ce qu’est et ce que n’est pas un enjeu, ce que recouvrent les enjeux de biodiversité) et de méthodologie pour une identification des enjeux partagée, et qui permette de guider efficacement l’action (les questions à se poser, les principales caractéristiques attendues des enjeux de biodiversité dans une SRB, les outils pouvant être mobilisés, etc.) ;
  • et valorise les initiatives issues des territoires pour illustrer l’ensemble de ces propositions.

 

Cette fiche est la troisième parmi la dizaine de fiches thématiques qui constitueront, la « Boîte à outils pour les SRB ». Cette boite à outils, élaborée par le Comité français de l’UICN avec son groupe de travail « Collectivités & Biodiversité » – et en partenariat avec l’Office français de la biodiversité et le Ministère de la transition écologique – est un outil opérationnel pour accompagner les territoires de France métropolitaine et d’outre-mer, et en premier lieu les Régions, dans l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi de leurs stratégies en faveur de la biodiversité. Chaque fiche propose des pistes méthodologiques, illustrées par des retours d’expériences territoriales, sur des thèmes identifiés par le groupe de travail « Collectivités & Biodiversité » comme étant prioritaires pour « réussir » sa stratégie. Si ce guide technique s’adresse en premier lieu aux Régions et à leurs partenaires – tels que les agences régionales pour la biodiversité (ARB) et les services et opérateurs de l’État –, il peut être également utilisé par toutes les collectivités engagées dans une stratégie “biodiversité” (Département, Intercommunalité, Ville).

La prochaine fiche à paraitre portera sur le chef de filât biodiversité et la cartographie des acteurs dans les SRB.

Ce projet s’inscrit dans les travaux que mène le Comité français de l’UICN depuis plus d’une dizaine d’années pour soutenir le développement et le renforcement des SRB. Plus d’information ici.

Contact : Valérie Moral, chargée de mission “Collectivités & Biodiversité”.

La prospective au service des stratégies régionales pour la biodiversité

La prospective, qu’est-ce que c’est ? Que peut apporter cette démarche dans une stratégie pour la biodiversité ? Et concrètement, comment faire pour se lancer dans cet exercice ? C’est pour répondre à ces questions, et accompagner au mieux les régions de France métropolitaine et d’outre-mer dans l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi de leurs stratégies régionales pour la biodiversité (SRB), que l’Office français de la biodiversité a réalisé la fiche « Élaboration des SRB dans une démarche prospective », publiée aujourd’hui en partenariat avec le Comité français de l’UICN.

En dressant, à partir d’un constat partagé, les orientations stratégiques à suivre collectivement pour préserver la biodiversité du territoire, la SRB ambitionne de donner un cadre commun aux actions pour la biodiversité en région. En posant de manière explicite la question « quel avenir voulons-nous ? », la prospective peut y contribuer. Elle permet en effet d’élaborer des visions d’avenir, qui possèdent une dimension collective et participative importante, et sont de nature à aider les acteurs et décideurs à définir leurs stratégies d’action pour la biodiversité.

Pour promouvoir les démarches prospectives dans l’élaboration des SRB, cette fiche :

  • définit ce qu’est la prospective, les valeurs qui la caractérisent (voir loin, voir large, prendre des risques, penser à l’Homme, etc.), et les plus-values qu’elle peut apporter dans une SRB (mobilisation accrue des acteurs, approches systémiques permettant l’articulation des échelles spatiales, analyse collective de la question « est-ce que les enjeux d’aujourd’hui sont ceux de demain ? », articulation des temporalités, etc.) ;
  • propose des éléments concrets pour se lancer dans un exercice de prospective, à travers une série de questions à se poser pour rédiger un cahier des charges et se faire accompagner par un professionnel de la prospective : à quel moment programmer cet exercice ? Comment identifier précisément ses besoins ? Comment organiser cette démarche ? Quels sont les principales étapes méthodologiques ? Comment engager la démarche prospective si les partenaires n’y sont pas forcément favorables ? Etc.

Cette fiche est la deuxième parmi la dizaine de fiches thématiques qui constitueront, la « Boîte à outils pour les SRB ». Cette boîte à outils, élaborée par le Comité français de l’UICN avec son groupe de travail « Collectivités & Biodiversité » – et en partenariat avec l’Office français de la biodiversité et le Ministère de la transition écologique – est un outil méthodologique pour appuyer les territoires de France métropolitaine et d’outre-mer, et en premier lieu les Régions, dans l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi de leurs stratégies en faveur de la biodiversité. Chaque fiche propose des pistes méthodologiques, illustrées par des retours d’expériences territoriales, sur des thèmes identifiés par le groupe de travail « Collectivités & Biodiversité » comme étant prioritaires pour « réussir » sa stratégie. Si ce guide technique s’adresse en premier lieu aux Régions et à leurs partenaires – tels que les agences régionales pour la biodiversité (ARB) et les services et opérateurs de l’Etat – il peut être également utilisé par toutes les collectivités engagées dans une stratégie “biodiversité” (Département, Intercommunalité, Ville).

A paraitre prochainement, les fiches n.3 (Identification des enjeux SRB) et n.4 (Chef de filât biodiversité & cartographie des acteurs).

Ce projet s’inscrit dans les travaux que mène le Comité français de l’UICN depuis plus d’une dizaine d’années pour soutenir le développement et le renforcement des SRB. Plus d’information ici.

Contact : Valérie Moral, chargée de mission “Collectivités & Biodiversité”

LA NOUVELLE-AQUITAINE PUBLIE LE RAPPORT « DIAGNOSTIC ET ENJEUX » DE SA STRATÉGIE RÉGIONALE POUR LA BIODIVERSITÉ

Lancée en mars 2019, l’élaboration de la Stratégie régionale pour la biodiversité de Nouvelle-Aquitaine (SRB NA) a pour objectif – conformément à la Loi « Biodiversité » de 2016 et en cohérence avec la Stratégie nationale pour la biodiversité – de doter la région d’un cadre d’action co-construit issu d’un diagnostic partagé avec l’ensemble des acteurs du territoire. La première étape de la réalisation de cette feuille de route régionale pour la biodiversité vient de se terminer avec la publication du rapport « Diagnostic et enjeux ».  Une fois finalisée (automne 2022), la SRB NA sera définie pour une durée de 10 ans, encadrant et guidant les actions de préservation de la biodiversité au niveau régional.

La Stratégie régionale pour la biodiversité de Nouvelle-Aquitaine (SRB NA) est une feuille de route collective co-pilotée par la Région et l’Etat à travers la DREAL et l’Office Français de la Biodiversité , en lien avec les Agences de l’Eau Adour-Garonne et Loire-Bretagne, et avec l’appui de l’Agence Régionale de la Biodiversité Nouvelle-Aquitaine (ARB NA), de l’Ifrée (Institut de formation et de recherche en éducation à l’environnement), et du Comité français de l’UICN.

Son objectif est de construire un cadre d’action commun et partagé pour agir collectivement pour préserver et reconquérir la biodiversité. Son élaboration, qui associe étroitement l’ensemble des acteurs du territoire (institutions, élus locaux, associations, scientifiques, socio-professionnels…), s’organise en deux temps :

  1. La réalisation d’un état de lieux de la biodiversité néo-aquitaine, aboutissant sur l’identification des enjeux de biodiversité du territoire.
    Cette première étape vient de se conclure avec la publication du rapport « Diagnostic et Enjeux » de la SRB NA. Il dresse le dernier état des connaissances régionales sur les milieux, les espèces, les outils de préservation, et étudie les mécanismes qui causent la perte de biodiversité. Il montre également que le territoire est porteur de politiques et d’initiatives en faveur de la biodiversité. Les travaux collectifs engagés pour sa réalisation ont mis en évidence 7 enjeux majeurs qui constituent le socle partagé à partir duquel les acteurs néo-aquitains vont définir la cadre opérationnel de la SRB NA.
  1. La définition des orientations stratégiques et du plan d’action régional. La production de ce cadre opérationnel partagé a débuté à l’automne 2021 avec des ateliers de concertations territoriales, et se poursuivra au cours des premier et deuxième trimestres 2022 (séminaire des acteurs, consultation citoyenne, groupes de travail…).

Le Comité français de l’UICN souligne l’importance des SRB comme outils stratégiques de mobilisation, encourageant l’innovation et la cohérence de l’action publique en faveur de la biodiversité. Impliqué depuis plus d’une dizaine d’années dans le développement et le renforcement des SRB, notamment à travers la publication de différents documents, le Comité français de l’UICN accompagne la réalisation de la SRB NA, et salue la qualité du travail en cours.

Plus d’information sur les Stratégiques régionales pour la biodiversité sur notre page dédiée.

A noter que le Comité Régional de la Biodiversité (CRB) est associé aux travaux menés pour son élaboration, et que le Comité Scientifique Régional du Patrimoine Naturel formule un avis.

Pour en savoir plus :

RÉDUIRE LES RISQUES D’INCENDIES GRÂCE AUX SOLUTIONS FONDÉES SUR LA NATURE : L’EXEMPLE DU PARC NATUREL RÉGIONAL DES ALPILLES

Manifestations bien connues des changements climatiques, l’augmentation de la température annuelle et la baisse des précipitations provoquent l’extension des zones sensibles aux feux de forêts. En parallèle, la fréquence et la gravité des incendies sont amenées à augmenter dans les territoires déjà vulnérables, comme dans le Sud-Ouest métropolitain et en région méditerranéenne.

Autour des zones d’activités et d’habitations, la restauration, la protection et la gestion durable des écosystèmes, qu’ils soient terrestres, littoraux ou marins, sont de plus en plus mises en avant pour renforcer leur résilience et leur capacité d’adaptation face aux risques naturels. En région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, le Parc naturel régional des Alpilles a fait le choix en 2015 de transformer un massif forestier homogène et vulnérable en mosaïque paysagère réduisant considérablement les risques d’incendies. Plusieurs centaines d’hectares auparavant couverts de résineux très inflammables ont été aménagés en espaces moins denses, diversifiés, et gérés principalement grâce au pastoralisme. En outre, la gestion traditionnelle de ces collines méditerranéennes, a permis de développer de nombreux services tels que la sylviculture, le pastoralisme, les activités cynégétiques, etc. 

En complément des actions de prévention et de protection déjà menées par les collectivités (entretien des massifs forestiers, maîtrise de l’urbanisation), le recours aux solutions fondées sur la nature démontre une nouvelle fois leur efficacité pour répondre aux défis sociétaux sur le long terme avec des activités humaines durables, tout en préservant la biodiversité.